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Toutes les activités et les compétitions du football sont à l’arrêt depuis le 16 mars dernier. Une suspension au regard de la situation de crise sanitaire que traverse le monde entier. Un mois après cet arrêt, le bureau de la Ligue Professionnelle de Football (LPF), les clubs de Ligue 1 se sont rencontrés ce mercredi 15 avril 2020 au siège de la Fédération Ivoirienne de Football pour analyser la situation en termes de gestion du calendrier général des compétitions. Voici le point fait par le président de la Ligue Professionnelle de Football, M. Sory Diabaté.

 

Suspension des activités jusqu’à nouvel ordre

« Nous (Bureau LPF) avons rencontré les clubs de la Ligue 1. Nous avons échangé avec eux par rapport à la situation de crise sanitaire qui prévaut en ce moment. Depuis la mi-mars, toutes les activités ont été arrêtées et les compétitions ont été suspendues. Un mois après l’arrêt des compétitions, nous avons décidé de rencontrer les clubs pour voir comment nous pouvons analyser la situation en termes de gestion du calendrier général de nos compétitions. Sur ce premier sujet, nous avons fait comprendre aux clubs qu’il était important de nous en tenir aux dispositions de nos autorités en ce qui concerne l’interdiction de toutes les activités, de toutes les compétitions jusqu'à nouvel ordre. Etant donné que les mesures qui avaient été annoncées ont été prorogées, il était important de faire comprendre aux clubs que nous ne pourrions pas démarrer les activités sur ce mois d’avril et que nous n’avons pas de visibilité. Nous allons nous en tenir aux décisions de nos autorités.

Si d’aventure il y avait une réouverture, nous serions obligés de reprendre nos activités. Et par conséquent, nous allons prendre les dispositions qui sont les suivantes : La première disposition est de finir le championnat. C’est la priorité. Sur 26 journées, 20 journées ont été déjà disputées. Nous mettrons en priorité ces six journées restantes de championnat. Dans le calendrier général, il y a des matches de Coupes qui étaient prévues. Nous avons décidé de ne pas jouer ces matches si la situation s’améliorait et de privilégier la gestion des matches de championnat. En un mois, nous devons pouvoir boucler le championnat en jouant sur quatre week-ends et deux matches en semaine.

Deuxièmement, si la décision de réouverture nous était annoncée, on ne le sait pas pour le moment, mais il fallait préparer les clubs parce qu’il aura une période de réathlétisation de nos joueurs. Si la fin de la crise est signalée, il y aura au minimum trois semaines de préparation avant de démarrer la compétition. C’est l’accord que nous avons eu avec les clubs. Si la situation s’améliore, les équipes qui sont éliminées vont aller en vacances, celles qui sont encore engagées en Coupe nationale, au niveau des 8è de finale, il y en a 16, elles vont disputer les matches de Coupe nationale quand il y aura un retour de meilleure situation. Ces équipes vont prendre leurs vacances au fur et à mesure qu’elles sont éliminées pour ne pas avoir les équipes en activité jusqu’à la fin de l’année ».

 

Rémunération des joueurs et encadreurs malgré l'arrêt des compétitions

« La deuxième préoccupation concernait le traitement de salaire des joueurs et des encadreurs. Sur ce sujet, les clubs ont fait comprendre. Et nous savons aussi que tout le monde connait des difficultés aujourd’hui. Les clubs ont signé des contrats avec les joueurs et les encadreurs. Ils sont sous des contrats qui sont déposés à la Fédération. Nous avons fait comprendre aux clubs qu’il était important que nous puissions anticiper parce que ce qui pourrait arriver c’est que nous soyons saisies au niveau de la Commission du statut du joueur de la Fédération par les acteurs qu’ils n’auraient pas reçu leur rémunération. La situation de crise actuelle est telle que les clubs ne sont pas dans les meilleures dispositions pour pouvoir faire face à tous les engagements. Et il fallait trouver un terrain d’entente.

Nous (LPF ne faisant pas partie prenante au contrat), avons facilité les choses. Nous avons discuté. Les clubs étaient face à des représentants des footballeurs en activité. Monsieur Cyril Domoraud qui est le président de l’Association des Footballeurs en Activité (AFI) qui représentait les footballeurs en activité et qui est lui-même membre du bureau de la Ligue Professionnelle de Football. Après les échanges, nous sommes convenus de payer un minimum de 50% de salaire pour le mois de mars étant donné que les joueurs ont arrêté les activités depuis le 16 mars dernier. Après échanges, nous avons estimé qu’il était bon de payer la période travaillée et de ne pas aller au-delà de cette période.

Nous avons fait une forte recommandation au président de l’Association des Footballeurs en Activité dans l’optique de faire passer ce message auprès des clubs afin que la FIF ou la LPF ne soit saisi d’un éventuel manque de traitement en totalité de salaire qui est normalement du dans le contrat. Pour le mois mars, ce serait 50% de salaire à payer.   

Nous avons évoqué également le mois d’avril et de mai. Nous nous sommes arrêtés au mois d’avril en nous donnant la possibilité de nous retrouver à la mi-mai. Pour le mois d’avril, il faut savoir que les activités étant arrêtées,  à la fin du mois d’avril, on ne peut commencer le championnat. Ce sera un mois non travaillé. Par conséquent, il faut trouver une solution pour ce mois non travaillé. Après échange entre différents présidents de club qui étaient présents et l’AFI, le représentant des footballeurs en  activité, nous sommes convenus de payer 50% du salaire à la fin du mois d’avril.

La deuxième recommandation sur ce point est qu’on est d’accord pour payer 50% mais les clubs ayant évoqué beaucoup de difficultés financières actuellement, nous avons demandé aux clubs de négocier avec les joueurs et les différents acteurs qui sont sous contrat avec eux des modalités de paiement de ces 50% dans un délai bref. Voila ce que nous avons décidé pour ces mois de mars et d’avril 2020.

Nous avons décidé de ne pas aller  plus que cela le temps d’apprécier la situation à la mi-mai. En fonction de l’évolution de la situation, nous pourrions encore, même si c’est par moyens téléphonique, échanger sur la question pour prendre des décisions parce que ce n’est pas aussi simple que cela. Les clubs ont demandé aussi à la Fédération de faire des efforts pour voir comment la Fédération peut les aider par des ressources additionnelles, au delà des droits TV, qu’ils ont déjà reçus. Rappelons que les clubs ont reçu 100% des droits TV.

En plus de ces droits TV, les clubs demandent à la FIF et à la LPF de faire leurs meilleurs efforts pour avoir un fond pour faire un geste de solidarité. Nous avons dit que nous ferions ce que nous pouvons quand la situation s’améliorera, voir ce qui est possible pour la Fédération d’apporter. Ce n’est pas un engagement mais la Fédération se fera fort de chercher des ressources pour accompagner les clubs en difficultés.

Voici les principales décisions qui ont été prises au cours de cette réunion qui s’est tenue dans une très bonne ambiance. Nous sommes convaincus et nous souhaitons que cette situation puisse passer le plus rapidement possible. Je profite de l’occasion pour dire au nom du football ivoirien, notre solidarité à toutes les personnes qui sont touchées en ces moments difficiles. Nous invitons les uns et les autres, tous les acteurs du football, à respecter les mesures qui ont été mises en place par les autorités de Côte d’Ivoire.

Nous constatons malheureusement que des personnes sont encore réticentes face aux mesures barrières. Il faut que les uns et les autres comprennent que nous devons respecter les mesures barrières pour stopper la propagation de ce virus. Nous restons disponibles pour apporter quelques appuis que ce soit à tous les clubs de Côte d’Ivoire et nous leur souhaitons bon courage dans leur confinement et que chacun de nous puisse prier afin que nous revenions à une situation de normalité ».

TIEMELE Ives

I.T.