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Invité spécial de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) à l’occasion de l’ouverture de la saison 2019-2020, Patrick Mboma, ancien international camerounais et consultant sportif sur Canal +, sans détours, a répondu aux questions des journalistes. La CAN 2019, son appréciation du football ivoirien, l’apport des sélectionneurs locaux, ses regrets et ses plus grandes joies ont été entres autres les sujets abordés. 

 

C’est un Patrick Mboma très à l’aise et maitrisant parfaitement son sujet qui a apparu devant la presse ivoirienne, mardi dernier, dans les locaux de la Ligue Professionnelle. Invité d’honneur de la Fédération Ivoirienne de Football à l’occasion de la finale de la Super Coupe Félix Houphouët-Boigny, l’ancien international camerounais, Ballon d’Or africain 2000, était accompagné par le président de la Ligue Professionnelle, Sory Diabaté. Il ne s’est dérobé à aucune question des journalistes pendant 1h15 mn.  

 

Le football ivoirien local

L’ancien buteur camerounais connait très bien le football ivoirien local. « Il était dominé avant par l’Asec Mimosas et l’Africa Sports. Ce football a changé en fonction de certains paramètres. Les formations comme le Séwé et l’Afad pointent leur nez et bousculent l’ordre établi. Tout comme en Côte d’Ivoire, il y a également un bouleversement au Cameroun où des formations historiques comme le Canon de Yaoundé ont laissé la place à de nouvelles équipes comme le Coton Sport de Garoua qui dominent le football camerounais ».

 

Le mea culpa de Mboma

Comme il fallait s’y attendre, la presse ivoirienne est revenue sur cette affaire intervenue durant la CAN 2019. Selon certains médias, Patrick Mboma aurait critiqué le jeu des Eléphants en qualifiant ceux-ci d’équipe sans système de jeu. Des propos rapportés par un quotidien de la presse et qui lui ont valu le courroux des internautes ivoiriens. « C’est vrai que j’ai apporté un jugement sur le jeu des Eléphants comme cela se doit, mais je n’ai pas insulté l’équipe nationale .Je n’ai pas eu d’interview avec le journal en question, car en pleine CAN je n’en avais pas le droit. C’était une discussion et je suis fort étonné », a indiqué le consultant qui, pour lui, l’épisode est déjà oublié

 

Les entraineurs locaux sont à considérer

La CAN 2019 a mis en valeur les entraineurs locaux  qui ont servi leur pays. Ils n’ont pas été ridicules. Au contraire le Sénégal et l’Algérie, les deux finalistes étaient dirigés par des entraineurs locaux. « Il faut valoriser les entraineurs locaux au sein des sélections nationales africaines. Les deux CAN que j’ai gagnées, une était avec un entraineur expatrié et l’autre avec un entraineur local. La Côte d’Ivoire a un entraineur local, et il faut qu’il travaille sur du long terme. Les entraineurs expatriés apporte beaucoup aussi comme Hervé Renard, Claude Leroy, on a besoin aussi de leurs expériences », a confié Patrick Mboma.

 

CAN 2021 : Les inquiétudes de Mboma

Le glissement de la CAN 2019 en 2021 pour le Cameroun inquiète beaucoup  Patrick Mboma qui estime que le Cameroun ne sera pas encore prêt pour l’organisation de cette compétition. Puisque le CHAN 2020  risque de lui être retiré encore au profit d’un autre pays. « Le Cameroun n’est pas prêt, et pas seulement sur le plan des infrastructures. Tous les travaux sont presque arrêtés et on attendra à quelques mois de la compétition pour les reprendre. Il faut des hôtels, des routes, des stades, la télécommunication. Si je peux, je vais demander aux autorités ivoiriennes de ne pas arrêter les travaux de construction des infrastructures. Elles doivent continuer car 2023, c’est demain. »

Sur la question se rapportant au CHAN, Patrick Mboma a soutenu que le CHAN est « une belle initiative, une belle vitrine. Mais elle attire moins. Elle mérite une meilleure exposition ».

 

Le professionnalisme un état d’esprit

Le consultant sportif, pour qui le monde du football professionnel n’a plus de secret, a profité de l’occasion  pour donner des conseils aux jeunes footballeurs locaux. « La grande différence entre le football professionnel et le football amateur, c’est l’application qu’on met dans son travail. Parfois, en professionnel, on n’y met pas tout. L’état d’esprit est très important. Il faut mettre en avant l’état d’esprit. Le professionnalisme, c’est dans la tête. Il faut avoir de bonnes attitudes. Il faut éviter d’être en retard aux entrainements. Il faut éviter de mauvais comportements», a-t-il souligné.

Ambassadeur dans la lutte contre le braconnage des Eléphants depuis 2013, Patrick Mboma est pour une meilleure structuration des clubs en Afrique. Pour lui, on ne peut pas exploser comme cela a été son cas de 1990 à 2005 si on manque d’infrastructures et d’organisation. Il a illustré ses propos par la situation du football local au Cameroun. « Le travail local est délaissé. On ne sait pas quand on commence et quand on finit le championnat. Si on n’est pas conscient de bien structurer le championnat, on ne peut pérenniser les acquis. Il faut revenir à une meilleure structuration du football local. Et il y a un combat à mener », a-t-il fait savoir.

 

Ses  bons et mauvais souvenirs

Patrick Mboma est revenu sur les temps forts de sa carrière. Notamment le 30 septembre 2000 à Sidney lors de la finale de football  des Jeux Olympiques remportée par le Cameroun devant l’Espagne (2-2, Tab : 5-3). « Cette finale m’a donné de la joie », a confié le ballon d’or africain de 2000. Sa grande tristesse vient de l’élimination du Cameroun lors de la dernière manche qualificative du Mondial 2006. «  Ma grande tristesse est cette Coupe du monde que nous avons offert à la Côte d’Ivoire  en 2005. Nous avons gagné ici 3-2 et lors du match contre l’Egypte alors que la Côte d’Ivoire menait 3-1 au Soudan. On obtient un penalty qui, il faut le dire, n’était pas valable. On le rate. J’ai été déçu », a indiqué Patrick Mboma en répondant à la question du président de la Ligue Professionnelle Sory Diabaté .

 

Source: Le Sport

 

I.T.