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Dans un entretien diffusé par la RTI, le dimanche 17 décembre 2017, le Président de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), Augustin Sidy Diallo (ASD), s’est exprimé à cœur ouvert sur l’actualité du football ivoirien.

L’élimination des Eléphants du Mondial « Russie 2018 », la gestion du football local, ses rapports jugés difficiles avec les autres, les infrastructures, les perspectives ont été les principaux sujets sur lesquels ASD est revenu sans langue de bois.

 

 

Quels commentaires faites-vous de l’élimination des Eléphants ?

 

C’est bien dommage ! Mais avant, je voudrais m’adresser aux Ivoiriens. J’ai été très peiné comme tous les Ivoiriens. Dans ma fonction de président, je suis encore plus peiné car j’ai la lourde charge de diriger la fédération. Je demande pardon aux Ivoiriens pour cette élimination. Nous avons tout mis en œuvre avec l’aide de l’Etat qui n’a ménagé aucun n’effort pour mettre à la disposition de la fédération, des athlètes et des encadreurs tous les moyens qu’il fallait pour préparer tous les matches lors des éliminatoires. Malheureusement, il y a des jours sans et des jours avec. Il y a des années sans et des années avec. Nous sommes dans une année sans. Nous n’avons pas pu apporter ce bonheur aux Ivoiriens. C’est ce qui me peine le plus. C’est pour cela que je demande pardon aux Ivoiriens. Si ça peut nous aider à relever la pente. Il y a quatre ans, c’est la Cote d’Ivoire qui y allait en éliminant le Sénégal. Aujourd’hui, le Sénégal sera au Mondial. Le pays a connu beaucoup de troubles après l’élimination de leur équipe nationale, il y a eu des remous et des vice-présidents ont démissionné. Mon collègue Senghor (Augustin Senghor, ndlr) a tenu bon et il a profité de cette élimination pour, je pense, mettre de l’ordre dans beaucoup de choses. C’est ce que nous allons faire car il faut profiter des défaites pour construire l’avenir. Nous sommes là pour construire, c’est ce que nous allons faire car les clubs nous ont élus pour construire le football.

 

Il se raconte que Marc Wilmots a été choisi par votre fils. Qu’en est-il ?

 

C’est un manque de respect à mon Comité Exécutif et à moi-même. D’aucuns pensent que j’arrive dans le football maintenant. Je suis né dans le football tout comme mes enfants. Mais ce n’est pas pour autant que certaines mauvaises langues vont dire que c’est mon fils qui a choisi l’entraineur. C’est manquer du respect à notre fédération. Quant à l’appel à candidature, nous avons procédé à plusieurs appels à candidature depuis le départ de Sabri Lamouchi. Et c’est nous, fédération, qui avons décidé de mettre en place cette méthode de sélection car on voulait que les Ivoiriens se sentent concernés. On voulait montrer plus de transparence. Mais cette méthode même est critiquée par les entraineurs européens qui n’approuvent pas que leurs noms figurent sur une liste et qu’ils ne soient pas après choisis. Après les choix d’Hervé Renard et de Dussuyer, c’est les mêmes noms qui sont revenus à l’exception de deux techniciens qui auraient pu faire notre affaire. Mais ils avaient des prétentions très élevées et nous ne voulons pas non plus des techniciens au rabais.

 

Alors vous avez opté pour un technicien qui n’a pas postulé !

 

Il fallait aussi faire la politique de nos moyens. Ils ne pouvaient pas nous permettre d’embaucher ces techniciens. Les Ivoiriens doivent savoir que le choix du sélectionneur reste dans les prérogatives du président de la fédération. Il me revient de faire un bon choix pour notre équipe. Je peux peut-être me tromper. Je sais que nous n’avons pas eu la main heureuse pour certaines raisons. Mais l’entraineur qui a été choisi avait aussi ses références. Il avait emmené son équipe au premier rang mondial et tout le monde, je m’en souviens, était unanime que c’était un bon choix.  Marc Wilmots était disponible et il remplissait les critères sauf qu’il ne connaissait pas l’Afrique.

 

Pourquoi Michel Dussuyer a été remplacé alors qu’il faisait de bons résultats ?

 

Après notre élimination à la CAN 2017, Dussuyer a manifesté le désir de partir depuis le Gabon. Je lui ai demandé d’attendre que nous arrivions à Abidjan pour prendra les décisions ensemble. Il a démissionné et je ne pouvais pas le retenir contre son gré. Il a fallu chercher un nouvel entraineur. On a trouvé Marc Wilmots qui avait de très bonnes références pour nous. Tout le monde était d’accord sur ses compétences. Mais la mayonnaise n’a pas pris, ça peut arriver. Il n’a pas eu la chance d’aligner une équipe type deux fois de suite car il y avait toujours des blessés. C’est des facteurs qui ne peuvent pas militer pour la bonne marche d’une équipe qui est en reconstruction depuis Hervé Renard. J’ai toujours dit avec les départs de nos ténors, il fallait reconstruire l’équipe et nous avons gagné la CAN 2015. Le fait que cela ait marché, on s’est mis à une hauteur où on n’était pas. Nous avons fait venir de jeunes joueurs qui font leurs preuves dans leurs clubs respectifs.

 

Qu’en est-il de l’indemnité de Marc Wilmots, on parle de 550 millions FCFA ?

 

C’est faux. J’ai entendu parler de 800 millions FCFA. Les Ivoiriens savent que nous sommes là pour gérer la fédération dans les meilleures conditions et pas là pour dilapider l’argent que l’Etat et même les sponsors mettent à notre disposition. C’est faux et nous étions en pourparlers. Nous avons engagé la discussion avec Marc Wilmots. Nous avons trouvé un terrain d’entente pour les deux parties même si je ne peux pas vous révéler le montant.

 

Allez-vous démissionner comme le réclament des Ivoiriens ?

 

Quels Ivoiriens qui demandent mon départ ? Vous savez, après une défaite la peine est lourde. Je me reprochais certaines choses. J’ai demandé pardon. On me reproche de ne n’être pas venu à la télévision pour m’exprimer. Je ne pense pas que cela aurait atténué la douleur. Mais aujourd’hui, je pense que le temps qui s’est écoulé a été positif. Quand vous demandez pardon, soyez certains que votre pardon soit accepté. Je ne cesserai de leur demander pardon. Car, j’ai vécu des moments de bonheur avec eux. J’ai été heureux de voir les Ivoiriens dans le bonheur quand nous avons ramené la coupe. Mais aujourd’hui, c’est le contraire, c’est ma plus grosse déception. C’est normal qu’un supporter manifeste. Je n’ai pas été élu pour partir sur un coup de tête. Si je pars dans ces conditions, le football aura du mal à se relever. J’ai été élu pour 4 ans et je suis à mon second mandat. En 6 ans, nous avons eu quelques résultats. Chaque année, nous avons ramené une médaille à la Côte d’Ivoire. Et les plus prestigieuses restent celles des cadets en 2013 et des seniors en 2015. Je ne suis qu’un homme et je ne suis pas parfait. Mais, quand c’est le cas, il faut pardonner.

 

Il se raconte que vous êtes un homme difficile, qui est en conflit perpétuel avec son entourage. Est-ce vrai ?

 

Je ne suis pas difficile. Je suis peut-être direct et je parle avec mon cœur. Je suis quelqu’un qui reconnait son erreur. Je suis quelqu’un qui reconnait ses erreurs et qui va vers son prochain pour demander pardon si je suis en erreur. Si on me reproche quelque chose, qu’on vienne vers moi et me le dire plutôt que d’aller se répandre dans la presse. Le football est fait pour unir et pas pour diviser les amis et les familles. C’est ce que je vis actuellement mais je ne veux pas rentrer dans les polémiques.

 

On dit que vous avez été imposé…

 

Par qui ? J’ai été élu à 60% par les présidents de clubs.  Mon adversaire qui n’a pas encore digéré sa défaite continue de crier partout et il est d’ailleurs à la tête des frondeurs. Je voudrais dire aux Ivoiriens que je suis d’ailleurs l’un des rares présidents qui a travaillé sous le président Houphouët en 1992, nous a ramené la Coupe. Sous le président Gbagbo, j’étais le président de l’équipe nationale et nous avons ramené la qualification au Mondial 2006. J’ai motivé des joueurs qui n’avaient plus espoir pour la qualification au Soudan. Nous sommes allés pour la première fois à un match de l’équipe nationale où sur les 23 joueurs convoqués, 15 seulement ont répondu à l’appel. On a pu mettre 17 noms sur la feuille de match. Kalou Bonaventure a refusé de venir et nous sommes partis sans lui. On s’est qualifiés sans lui mais pour le Mondial 2006, il est venu et nous sommes partis avec lui en Allemagne.

 

Vos rapports avec les joueurs et les anciens joueurs que vous managez ?

 

Ce n’est pas des relations de présidents et joueurs. C’est des rapports de père à fils. Il peut arriver un moment qu’il y ait des mécontentements parce qu’il y a quelques travers. Cela peut arriver. Je leur demande de venir vers moi et on en parle. J’entends que certains ne sont pas contents mais pour le moment, ils ne m’ont rien dit. Je considère que je n’ai rien fait.

 

Quels sont vos rapports avec la direction de la CAF ?

 

Ce sont des relations normales. J’étais membre de la cellule de campagne du président Hayatou et cela n’a pas marché et pour moi aussi. Mais les élections sont derrière nous. Quand le président Ahmad a été élu nous avons adressé un courrier au président Ahmad pour le féliciter et lui assurer de notre soutien et notre disponibilité. Je l’ai eu au téléphone. Le président Ahmad est un ami. Je me réjouis que le président Ahmad vienne en Côte d’Ivoire. Je me réjouis qu’il vienne bientôt en Côte d’Ivoire et on aura l’occasion pour aplanir tout. Il saura que nous sommes un grand pays de football et qu’on a besoin de respect aussi. Il verra un peu tout ce que nous avons comme infrastructures. Il verra nos dirigeants de club et aussi une rencontre avec les autorités. Je pense qu’il se rendra compte que nous sommes là pour l’accompagner pour que le football africain parte de l’avant. Je vous fais une confidence. Au soir de la défaite du président Hayatou, il a réuni tous ses lieutenants pour demander d’aider le président Ahmad et j’ai dit cela au président Ahmad. C’est le bien de tout le monde, et nous sommes tenus d’accompagner le président Ahmad.

 

On dit que vous n’avez pas soutenu Jacques Anouma contre Hayatou?

 

Je m’inscris en faux. Je vais vous dire que la CAF avait élaboré une résolution pour bloquer Jacques Anouma aux Seychelles. Et la veille je suis allé voir Hayatou pour lui dire que je ne vais pas venir ici à Seychelles pour voter contre un ivoirien. Je vais voter contre cette résolution. Il y a eu 5 votes contre et j’ai voté contre. Jacques Anouma m’a envoyé un sms pour me féliciter. On peut être fâché mais je ne poserais jamais un acte contre un frère à l’étranger. Des gens m’ont demandé pardon pour ne pas venir au vote. J’ai dit que je ne peux pas faire ce long voyage pour ne pas aller voter. Cela m’a valu certaines choses, mais c’est la vie. Je suis un homme engagé et je suis un homme à conviction. Après les votes, j’ai donné le mandat de la fédération à Anouma pour qu’il soit candidat contre Hayatou.

 

Vous aviez peur que la CAF n’influence les résultats de l’équipe nationale !

 

Peur ou pas, je suis là pour gérer l’équipe nationale, et à ce titre il est de mon devoir de tout mettre en œuvre pour qu’elle ne soit pas pénalisée, d’une manière ou d’une autre.  La seule question que je me posais, était la suivante : qu’est-ce que je fais pour que mon équipe avance normalement dans ces éliminatoires. Je me suis laissé guider dans ce sens. Des personnalités de ce pays, approché par Jacques Anouma m’ont contacté pour me demander de lui donner le mandat. Je leur ai répondu qu’au moment opportun, je donnerai le mandat. Après leur avoir expliqué le fondement de ma démarche, elles m’ont compris.

 

Vous ne croyiez pas en notre qualification ?

 

Non pas forcement cela. J’ai donné mon mandat à Jacques et j’ai voté pour lui. Il le sait très bien. Après les élections, je l’ai accompagné jusque dans sa chambre. Je l’ai encouragé en lui disant notamment « mon frère, beaucoup de courage. Les élections, c’est comme un match de foot, soit tu gagnes, soit tu perds. Ça n’a pas marché aujourd’hui, il ne faut pas se laisser gagner par le découragement, la prochaine fois peut être la bonne ».

 

Vous êtes en train de nous dire que vous avez soutenu la candidature de votre prédécesseur contre Issa Hayatou !

 

(Sans hésiter) Oui, c’est bien cela.

 

D’accord, voilà qui est clair ! Revenons au football local président, qu’avez-vous apporté à ce football depuis votre arrivée à la tête de la FIF en 2011 ?

 

J’ai fondamentalement apporté deux choses. Je dis deux choses parce que vous pouvez vous référer à ma campagne. Mon dossier de campagne était bien ficelé par mon équipe et moi, et comportait notamment. Premièrement si j’étais élu, la subvention de la Ligue 1 passerait de 38 à 50 millions de FCFA. Ligue 2 de 8 à 20 millions et la D3 de 7 à 15 millions de FCFA. Certains m’ont traité de fou lorsque j’ai fait ces promesses. J’ai des témoins qui sont encore vivants. D’aucuns ont même soutenu ouvertement que ‘’Sidy arrive à ajouter un franc sur les subventions, il faut le garder comme président à vie’’. Curieusement, c’est ceux-là qui me vilipendent aujourd’hui. J’ai tenu cette promesse de campagne en passant effectivement de 38 à 50 millions de FCFA pour les clubs de la Ligue 1. Nous sommes depuis quelques temps, passés à 75 millions de FCFA. Et là, ce n’est plus une subvention, mais des droits TV. Nous avons également promis aux clubs une assurance-maladie. Les dirigeants, les joueurs et six personnes par famille de chacun d’eux, sont pris en compte par cette assurance.

 

Cette assurance est bien fonctionnelle !

 

Cela nous coûte énormément d’argent, mais il fallait le faire. Je ne suis pas arrivé au foot comme un cheveu sur la soupe. J’ai un vécu dans ce milieu. J’ai vu des choses. Des joueurs qui ont raté leur carrière pour un palu mal soigné, ou une hépatite mal soignée. Cette assurance nous apporte beaucoup. Une véritable sécurité, une garantie pour les dirigeants, qui n’ont plus à se faire concernant la santé de leurs joueurs. C’est une promesse de campagne qui a été réalisée jusqu’à ce jour. Nous avons sauvegardé les acquis de Jacques Anouma et ajouté une plus-value. Je ne nie pas qu’il ait travaillé en son temps. Pour le Comité Exécutif actuel de la FIF, il était bon de poursuivre son œuvre tout en l’améliorant. Jacques a par exemple doté le Parc et le Champroux de pelouses synthétiques. Nous, nous nous sommes chargés de l’éclairage de ces deux stades. Toute chose qui permet aux Ivoiriens aujourd’hui, après le boulot, de venir suivre tranquillement les matches. Cet éclairage est par ailleurs important pour la télévision, sinon les matches en nocturne ne seraient pas possibles.

 

Il n’y aurait pas eu d’autres promesses tenues ou non tenues, après la campagne de 2011 ?

 

Nous avions dit aux clubs qu’une fois aux affaires, nous leur offrirons trois terrains synthétiques. Le premier stade qui a été réalisé, c’est celui du Centre de Bingerville. La pelouse naturelle là-bas, était très difficile à entretenir, vu que nous sommes en zone marécageuse. L’eau remonte de façon constante. En ce moment, se poursuit la pose des pelouses de Yopougon et d’Abobo. La livraison des travaux est prévue pour la fin du premier trimestre 2018.

 

Qui finance ces projets ?

 

La FIFA. Nous les avons initiés auprès de la FIFA, qui a accepté de les financer. Nous avons accusé un retard, parce que le plus difficile dans les travaux, c’est le terrassement. Vous savez quand il pleut, ce n’est pas évident. Tout le matériel est arrivé à Abidjan pour finaliser ces pelouses synthétiques. Je pense que la semaine prochaine, nous vous inviterons à aller visiter les chantiers, pour rendre compte de l’état d’avancement des travaux. En plus des promesses de campagne, il faut toujours aller chercher ce qu’il faut pour le développement de notre football. En 2011, au sortir d’une visite au Chef de l’Etat, j’avais indiqué que le football ivoirien était malade de ses infrastructures. Mais comment avoir ces infrastructures ? Comment inciter l’Etat à s’engager dans ce domaine ? Nous avons pensé qu’il fallait obtenir l’organisation d’une CAN ici, pour booster les choses. Grâce à la CAN que nous accueillerons en 2021, le football ivoirien pourra bénéficier de 5 stades. Korhogo et San Pedro, Yamoussoukro, trois stades de 20 mille places chacun, Houphouët-Boigny et la Paix de Bouaké, des capacités d’accueil améliorées à 40 mille places. Et dans chaque ville où seront logées les poules de la CAN, il y aura des terrains d’entrainement. Après la compétition, ces terrains reviendront aux clubs des localités concernées.

 

Le temps presse, nous sommes en fin 2017 !

 

Le Comité Exécutif de la FIF n’a pas en charge la construction ou la réhabilitation des infrastructures que je vous ai citées. Je pense que l’Etat est en train de faire le nécessaire pour que nous soyons dans le délai. A preuve, les travaux du stade d’Ebimpé ont démarré depuis plusieurs mois. Il n’y a pas de quoi se mettre la pression pour les autres infrastructures. Nous sommes au stade de l’appel d’offre, je reste persuadé que nous serons dans le temps.

 

Il est de plus en plus fait allusion à une société écran, créée pour encaisser comme commission, 25% du montant du contrat que vous avez avec Canal+ !

 

(Un peu surpris) Alors là, je suis énervé mais je vais tenter de garder mon calme. Je peux vous dire que tous les clubs affiliés à la FIF, ont la possibilité de se rendre à notre siège, pour demander à voir une copie du contrat avec Canal+. A condition que les termes du contrat soient gardés confidentiels. La violation de la confidentialité pouvant conduire à la rupture du contrat. Vous pouvez mener vos enquêtes auprès de Canal+, sinon même pour faire court, auprès de la RTI, qui nous verse également des droits TV. Il faut demander s’il y a une société écran qui encaisse les chèques à la RTI avant de les reverser à la FIF. Il faut approcher le financier de la RTI, il vous dira ce qui en est. Ceux qui le disent, qu’ils viennent vous donner la preuve de l’existence de cette société écran. L’argent de la FIF est directement reversé sur ses comptes. Sur les réseaux sociaux, les gens racontent tout ce qu’ils veulent. Mais, on ne peut rien contre. Sachez toutefois que la vérité est toute autre. Ma famille, mes enfants sont trainés dans la boue à longueur de journée.

 

Vous n’êtes pas affecté par tout ça !

 

Qu’est-ce que vous voulez que je dise ? C’est la méchanceté des hommes. Moi, devant tout ça, je reste serein. Je suis élu pour travailler pour le développement du football, c’est ce que je m’évertue à faire. Et ce, jusqu’au terme de mon mandat. C’est aussi la réponse à votre question, je ne démissionnerai pas. J’irai jusqu’à la fin de mon mandat.

 

Votre mandat court jusqu’en 2020, vous ne serez donc pas là pour la CAN 2021 ?

 

Tous ceux qui veulent diriger la FIF, sont invités à venir déposer leurs candidatures.

 

Votre projet pour les jeunes, avec ce retour de Jean-Marc Guillou !

 

Je viens du Sénégal, grâce à une bonne politique de détection de joueurs, ils ont aujourd’hui une équipe nationale talentueuse. Chez nous ici, combien de joueurs d’exception l’Académie Mimosifcom ne nous a-t-elle pas donnés ? Malheureusement, la chaine s’est brisée. J’entends dire que Jean-Marc Guillou a 70 ans, qu’est-ce qu’il peut encore faire… Mais c’est avec cet âge qu’il a formé des joueurs au Mali, qui nous ont baladé la dernière fois (NDLR : 5e journée des éliminatoires du Mondial 2018, Mali-Côte d’Ivoire 0-0, le 6 octobre 2017). Guillou a fait ses preuves, il nous a proposé un projet très intéressant que nous avons approuvé au niveau du comité exécutif de la FIF. Nous attendons de le soumettre aux clubs. Il n’est pas venu pour être DTN, pas du tout ! Chacun a son métier, chacun a son talent, Guillou est là pour accompagner le football ivoirien à repartir de l’avant.

 

Président, on n’ira pas au Mondial, il y a la CAN aussi…

 

Il ne faut pas qu’on dévalue le football local. Avant la CAN, en janvier nous avons le CHAN. C’est dans un mois, c’est le baromètre de notre football local.

 

Nous vous avons dirigé directement vers la CAN, pour savoir le profil du nouveau sélectionneur des Eléphants !

 

N’allons pas vite en besogne, laissons-nous un peu de temps !

 

Pourquoi nous nous sentons obligés de prendre un entraineur expatrié ?

 

Nous n’avons aucune obligation, il faut le retenir. S’il y a un technicien local qui est bon, nous lui ferons appel. Le nom de Zahui François revient très souvent. C’est vrai que c’est un entraineur local, mais nous avons voulu passer à une autre étape. Il était temps parce que l’équipe avait ses limites. Je ne suis pas là pour critiquer, ni les joueurs ni les entraineurs, je ne le ferai jamais. Si demain, un entraineur local se démarque, il sera là pour entrainer l’équipe. Alain Gouaméné est là, c’est moi qui l’ai poussé à faire ses diplômes d’entraineur. Kolo Touré arrive. Il faut attendre et observer pour prendre la bonne décision.

 

Pendant ce temps, l’impatience grandit chez les Ivoiriens !

 

Je les comprends, ils aiment leur équipe, leur football, comme nous aussi sommes attachés à cette équipe et à ce football local. Aucun dirigeant de la FIF n’a réalisé ce que nous avons fait en six ans. C’est dommage, nous ne sommes pas qualifiés pour le Mondial, beaucoup de choses se racontent. J’ai entendu dire que cette élimination nous a fait perdre 5 milliards de FCFA. C’est faux, plutôt 2 milliards de FCFA de manque à gagner !

 

C’est beaucoup tout de même !

 

Oui, c’est beaucoup, mais il faut avancer le chiffre exact, 2 milliards et non 5 milliards de FCFA. Ces 2 milliards de FCFA, on les aurait épuisés depuis longtemps. Notre salut réside dans les sponsors, les droits TV, il faut travailler en cela.

 

Président, nous aimerions revenir sur le profil de l’entraineur qui se dessine dans votre esprit !

 

Ecoutez, je pense déjà qu’il faut un entraineur qui serait l’homme de la situation, qui permette à notre équipe d’être prête en 2021.

 

Quel avenir, quelles perspectives pour le football ivoirien ?

 

Je voudrais dire aux Ivoiriens que le football n’est pas qu’un sport. Il touche la sincérité, qui fait battre les cœurs. Les Ivoiriens ont créé un nouveau mot, le ‘’goumin-goumin’’. C’est vrai que nous avons tous le ‘’goumin-goumin’’ lorsque les résultats ne suivent pas. Cependant, il faut que nos compatriotes sachent, que notre objectif est de préparer une équipe compétitive avec un bon entraineur. Notre objectif c’est 2021, nous ambitionnons y arriver avec une équipe qui réponde aux attentes des Ivoiriens. Il y aura l’épisode de la CAN 2019, mais les gens ne doivent pas perdre de vue que le football se prépare sur du long terme. L’Allemagne a mis 10 ans pour arriver à ce niveau.

 

Votre conclusion maintenant !

 

En guise de conclusion je rappelle que dans toute fédération comme dans toute société, il y a des règles à respecter. Au niveau de la FIF, nous avons nos statuts qui reconnaissent nos doyens, nos membres d’honneur… En 2011 lorsque j’ai été élu, mon équipe et moi avons proposé lors de notre première AG (Assemblée Générale), que Monsieur Jacques Anouma soit notre président d’honneur. J’ai travaillé avec lui, et je reconnais son mérite. Il est et il demeure notre président d’honneur. Il a peut-être failli à sa mission, que je vais lui rappeler. Dans nos statuts, aux articles 19 ; 20 et 21, vous pourrez lire que le président d’honneur est comptable de toutes les actions du Comité Exécutif. Depuis 2012, il est notre président d’honneur et cela lui donne le droit de nous faire des remarques sur notre gestion. S’il y a une dérive, il peut nous interpeller soit verbalement soit par écrit. Mieux, il peut nous réunir et nous prodiguer des conseils, nous sommes ses jeunes frères. Mais en tant que président d’honneur, il n’a pas le droit de ternir l’image de notre association. La Fédération est ouverte, s’il a des conseils à nous donner pour avancer, nous sommes disposés. Un élément qui justifie que nous sommes ouverts, mon premier Comité Exécutif a été mis en place avec les suggestions de Jacques. Il m’a conseillé Sory Diabaté, Berthe Adou, Déhoulé Omer, Professeur Dah Cyrille… Il m’avait proposé en tout huit noms de son ancien Comité Exécutif. Aujourd’hui où je vous parle, Sory Diabaté, Déhoulé Omer et le Professeur Dah Cyrille continuent de travailler avec nous. Je ne suis pas un diviseur, mais bien un rassembleur. Nous allons ensemble continuer d’œuvrer pour le bonheur du football ivoirien. Je demande à Jacques Anouma de jouer son rôle.

 

 

 

 

E.K.