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Le premier vice-président de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) et président de la Ligue Professionnelle, M. Sory DIABATE, était l’invité de l’émission de Radio Côte d’Ivoire, animée par notre confrère Rash N’Guessan Kouassi, le mercredi 29 novembre 2017. Il est revenu sur certaines questions d’actualité du football ivoirien.

Elimination du Mondial 2018

« Suite à l’élimination de l’équipe nationale de la Coupe du Monde 2018, je voudrais exprimer les regrets de la Fédération Ivoirienne de Football et présenter ses sincères excuses aux Ivoiriens. L’Etat a dégagé tous les moyens qu’il faut. Financièrement, il a fait ce qu’il avait à faire. Nous également avons fait notre part en termes d’organisation et d’encadrement de l’équipe. Nous avons rencontré les joueurs à Paris pour les mobiliser. Mais cela n’a pas marché. Au football, on peut perdre comme on peut gagner. Nous n’avons pas pu nous qualifier. Toutefois, nous tenons à remercier le Chef de l’Etat et le Gouvernement pour leur soutien.

Notre élimination s’explique essentiellement par les matches perdus à domicile. Chaque fois que nous sommes allés à la Coupe du monde, nous avons été bons à domicile. Le match perdu contre le Gabon à Bouaké a été, à mon avis, le tournant. Nous avons choisi Marc Wilmots après Michel Dussuyer parce que pour nous, il présentait le meilleur profil. Mais, les résultats n’ont pas suivi. Il y avait pourtant de la place, même si l’équipe est en reconstruction. Le football ivoirien n’est pas pour autant défiguré par cette élimination. 

Après l’élimination, on aurait pu faire une déclaration. Mais, il y a eu une situation qui n’était pas favorable à une sortie du président de la FIF. Puis, il fallait laisser tomber la tension et s’apaiser les passions. Au séminaire, à Bingerville, le Président n’était pas allé s’expliquer sur l’incident du stade Houphouët-Boigny avec son homologue marocain. C’est suite à une question des journalistes qu’il a parlé. Enfin, nous avons estimé également qu’il fallait d’abord rendre compte aux mandants. C’est ce qui a été fait au cours d’une rencontre avec les clubs de Ligue 1, Ligue 2, D3 et les groupements d’intérêts. »

 

Les résultats de Marc Wilmots

« Avec Marc Wilmots, les objectifs fixés étaient les suivants : qualification pour la Coupe du monde 2018, passer au moins le premier tour de la Coupe du monde 2018, se qualifier pour la CAN 2019. Pour ses débuts, on sait tous que le mois de juin est délicat pour les sélections car, les joueurs sont en fin de saison. Quand nous avons perdu contre les Pays-Bas (0-5), nous l’avons tout de suite interpellé. Il en a été de même après le match contre la Guinée (2-3) en lui disant qu’on ne pouvait pas accepter des défaites à domicile.

Après la victoire au Gabon, on se relance dans l’optique de la qualification au Mondial et on se dit qu’après ce match, on ne peut pas perdre à domicile. C’est arrivé et là encore, nous l’avons interpellé. Nous avons pris des mesures en faisant entrer Kolo Touré dans le staff. L’entraîneur lui-même ne s’y est pas opposé puisque il envisageait de le faire une fois l’équipe qualifiée pour le Mondial. Après le Mali où l’équipe a été inexistante, nous avons un débrief avec le coach. Fallait-il le virer à ce moment-là ?

A un mois de l’échéance capitale contre le Maroc, nous avons estimé qu’il était sage de le laisser en poste. Nous avons tout essayé avec lui. Mais quand ça ne veut pas passer, ça ne passe pas. Logiquement, on s’est séparé à l’amiable. »

 

Indemnités de Marc Wilmots

« Ce qui avancé dans certains médias pour qui nous avons du respect n’est pas vrai. Dans un contrat, il y a une clause de rupture. Sur l’initiative de l’une ou l’autre partie, cela peut se faire tel que stipulé dans la clause de rupture. Nous avons décidé de nous séparer à l’amiable. Nous avons signé un protocole de rupture de contrat, le vendredi suivant le match contre le Maroc. A ce jour, rien ne lui a encore été payé. On ne lui a pas donné de chèque. On paiera un montant nettement inférieur aux sommes avancées dans la presse. Ce ne sera pas payé d’un coup. On le fera par mensualités. Le coach lui-même sait qu’il n’a pas atteint les objectifs fixés. En raison de la clause de confidentialité, nous ne pouvons pas dévoiler publiquement le montant. »

 

La préparation psychologique et la discipline chez les Eléphants

« Nous abordons souvent la question du mental avec les joueurs eux-mêmes. Nous leur disons que ce qui leur est reproché, ce n’est pas leur talent mais plutôt leur manque d’engagement et de combativité. Mais, la préparation psychologique, c’est d’abord le travail du sélectionneur. Il lui revient de pousser un bon joueur à devenir un excellent joueur.

Pour ce qui concerne le côté organisationnelle, la FIF a mis en place une commission pour diriger l’équipe nationale. Elle est pilotée par le président Sidy Diallo qui a été un acteur de premier plan à chaque fois que l’équipe national a disputé une finale continentale. Ce fut le cas lors des CAN 92, 2006, 2012 et 2015. Même pour la finale de la CAN Cadets en 2013, il était encore là. Il sait créer l’environnement pour la gagne. Nous avons parlé aux joueurs à Paris. Même à l’Hôtel du Golf, nous l’avons encore fait en les exhortant à l’engagement et à la combativité. Pour ma part, bien qu’étant éliminée, je trouve que l’équipe a été mieux sur ce point face au Maroc.

Concernant la discipline, en équipe nationale, chacun a son caractère mais il y a des valeurs que nous devons respecter. Il y a un règlement intérieur à cet effet. »

 

Choix du nouveau sélectionneur

« Le prochain match officiel, c’est en septembre 2018. On ne doit pas se précipiter. Il faut trouver quelqu’un capable de nous faire avancer suivant le projet Génération 2012 qui comprenait des jeunes joueurs comme Kessié Franck et Pépé Nicolas. Le projet est de conduire à maturité ce groupe afin de gagner la CAN 2021. Aussi, serait-il à même d’aller au moins en quart de finale du Mondial 2022. Si ce projet arrive bien à son terme, ces jeunes gens-là nous vaudront des satisfactions. »

 

Le sort des joueurs locaux

« Le haut niveau ne ment pas. Celui qui a les compétences nécessaires peut les faire valoir en équipe nationale. C’est pourquoi, je trouve que la question du choix des binationaux est un faux débat. Quelqu’un comme Emerse Faé est le prototype du binational qui apporte un plus à la sélection. L’équipe nationale a besoin de tous ceux qui peuvent lui permettre d’avancer. A la FIF, nous dirigeants ne nous mêlons pas des choix du sélectionneur. Il est donc faux d’avancer que je donne une liste au coach.

Concernant les joueurs locaux, les gardiens de but ont souvent été présents parce qu’il y a un besoin à ce niveau. Sans oublier que pour les joueurs de champ, ils ont eu aussi leurs chances puisque Wilmots avait appelé Yao Romaric (AFAD), Gonazo Ya Bi (Africa) et Ouattara Ousmane (Séwé). Mais, c’est le coach qui fait les choix. Il faut le laisser travailler. Par le passé, des joueurs locaux comme Zougoula Kévin, Bakayoko Adama et Ya Konan Didier avaient aussi eu leur chance. Tout dépend de l’entraîneur et de la capacité du joueur à s’imposer. D’autres pays n’ont peut-être pas le choix. Chez nous, il y a une grande concurrence. »

 

Rencontre du Président avec les clubs

« Nous n’avons pas tenu d’assemblée générale à la FIF. Comme nous avons l’habitude de le faire après une échéance importante, le Comité Exécutif a échangé avec les mandants. Nous avons ouvert le débat et ils se sont exprimés. Etaient présents 60 présidents ou représentants des clubs et les 5 groupements d’intérêts, soit 65 sur 81 membres actifs. Nous avons convenu de nous retrouver pour poursuivre les échanges.

Concernant la question des licences, il n’est pas vrai qu’elles ont été fixées à 50 000 F. Le Président a dit qu’on ne peut plus continuer de payer les licences à 1 000 F. A titre d’exemple, au Burkina Faso, la licence est à 25 000 F. En France, le coût est de 100 000 F. La question avait été abordée auparavant lors de la dernière assemblée générale ordinaire. Les clubs avaient dit qu’ils n’étaient pas préparés à cela. Il y a la nécessité d’assurer une bonne couverture médicale aux athlètes. Par exemple, si 100 000 clubs payent la licence à 5 000 F, cela ferait 5 milliards dans les caisses pour construire le football ivoirien.

Nous avons abordé divers sujets dont le financement. Sur ce point, il n’est pas juste de dire qu’on appauvrit les clubs. Pour la Ligue 1, on est passé d’une subvention de 38 millions à des droits tv de 75 millions. En Ligue 2, la subvention est passée de 8 millions à 20 millions et pour la D3, de 7 millions à 15 millions. Comment quelqu’un peut dire qu’on l’appauvrit alors qu’on double son salaire ?

On ne peut pas dire qu’on appauvrit les clubs. Sur toutes les questions abordées, nous avons dit aux clubs qu’on ne ferait rien sans leur accord. Pour les licences, un comité de réflexion a été mis en place. »

Organisation d’une AG Extraordinaire

« L’organisation d’une assemblée générale extraordinaire est prévue dans nos textes et les modalités bien définies. Je pense que quand on n’est pas content, on parle à celui à qui on a confié son mandat. Ce qui est dommage dans ce qu’on constate et qui me gêne, c’est que ce sont nos adversaires qu’on a battus aux élections en 2011, qui mènent cette action. »

 

Championnat des jeunes

« En 2013, nous avons lancé une compétition des jeunes U15 et U17, avec notamment le sélectionneur Sabri Lamouchi. Il en a été de même en 2014, 2015 et 2016, mais en raison de la fraude sur l’âge, les jeunes ne venaient pas s’inscrire parce qu’on doit leur établir une licence. Ils préfèrent évoluer dans des compétitions de quartier. En 2017, nous avons lancé une compétition avec 40 clubs. L’Asec nous a fait savoir qu’il se retirait à cause du départ en vacances de ses joueurs. »

 

Démission de Sidy Diallo ?

« Il y a beaucoup de manipulations à ce sujet. A ce niveau, il importe de rappeler les missions de la Fédération qui sont d’organiser, de promouvoir, de financer et de développer le football. Dans ce sens, tout se déroule normalement. Le football féminin a participé pour la première à une CAN et à la Coupe du monde, et l’équipe locale a décroché une médaille de bronze au CHAN alors qu’elle n’avait jamais réussi à passer le premier tour. Depuis que nous sommes là, la Côte d’Ivoire a remporté une médaille chaque année : finale à la CAN 2012, trophée de la CAN Cadets 2013, médaille de bronze à la CAN féminine en 2014, trophée de la CAN 2015, médaille de bronze du CHAN 2016, médaille d’argent des Jeux de la Francophonie en 2017. »

Le Sport

I.T.