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De retour du séminaire Co-organisé par la FIFA et la CAF au Complexe Sportif Sale Mohammed VI, le samedi 1er février 2020, le 1er vice-président de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), M. Sory Diabaté, est revenu sur les sujets et les questions qui y ont été abordés. Entre autres chapitres à l’ordre du jour, la question des infrastructures sportives, les compétitions et les clubs en passant par la professionnalisation de l’arbitrage. Décryptage !

 

Président Sory Diabaté, vous rentrez tout fraîchement d’un séminaire FIFA-CAF auquel vous avez pris part, de quoi a-t-il été question et sur quoi avez-vous travaillé ? 

Au nom du Président de la Fédération Ivoirienne de Football, M. Augustin Sidy Diallo, et du Comité Exécutif, j’ai pris part à ce séminaire FIFA-CAF qui avait pour thème : « Le développement des compétitions et des infrastructures en Afrique ». Nous avons évoqué les questions des infrastructures, c’est-à-dire des stades, aussi a-t-il été question des compétitions que ce soit des nations et des clubs, de réfléchir à des propositions sur leur périodicité. Le football féminin et le football des jeunes ont été abordés sous plusieurs coutures et bien évidemment l’on a fait un focus sur l’arbitrage en évoquant la professionnalisation du corps.

 

Quelles ont été les propositions relatives aux infrastructures de développement du football sur le continent, notamment les stades de compétitions quand on connait le déficit à ce niveau dans plusieurs pays africains ?

Quand on connait l’importance des infrastructures dans le développement du football dans nos pays, la FIFA a proposé que chaque pays soit doté de stades capables d’accueillir des grandes compétitions, des stades aux normes des standards internationaux. Et pour ce faire, la FIFA va lever des fonds, en tout un milliard de dollars auprès d’organismes de financement, pour permettre aux pays ayant encore du retard sur ce terrain de disposer d’infrastructures du genre.

 

Quels changements devront s’attendre à voir les acteurs du football en termes de compétitions majeures à venir et leur périodicité telles que la CAN, le football féminin ainsi que le football des jeunes ?

Au cours de ce séminaire, sur la périodicité de la CAN, il faut dire que la FIFA a émis le souhait de faire passer la compétition de deux années à chaque quatre ans. Sur cette question, les participants ont décidé de mener la réflexion au sein de la CAF et de faire des propositions en temps voulu.

Pour ce qui concerne le football féminin, au prochain Mondial, l’on notera le passage de 24 à 32 équipes en phases de poules. Alors que pour les jeunes, les propositions adoptées concernent la révision des catégories d’âge dans les compétitions. On pourrait envisager des compétitions de jeunes U16, U18 et U20 et ce, chaque année.

 

Président, pouvez-vous nous parler de la toute nouvelle ‘’Super Ligue Africaine’’ qui s’annonce. A quels besoins et objectifs répond-t-elle et comment de façon concrète va se faire sa mise en œuvre ?

C’est la grande innovation, et comme telle, il y a beaucoup d’attentes autour. La ‘’Super Ligue Africaine’’ est une compétition de clubs ; elle va concerner 20 à 24 des meilleurs clubs africains. Elle devrait être cette nouvelle compétition majeure qui va offrir une vitrine de plus aux clubs et aux joueurs africains. Tout ceci pour permettre de conserver les joueurs sans les perdre trop vite et, en élevant tout autant le niveau et la qualité de jeu de ceux-ci. A propos de cette compétition, un groupe de travail a été mis en place par le Président de la CAF, comprenant notamment le 1er Vice-président Constant Omari, les Présidents Moïse Katumbi du TP Mazembe et Saer Seck, Président de la Ligue de Football du Sénégal ; après réflexion, ce groupe va faire des propositions en retour à la FIFA.

 

Parallèlement au sportif, que pouvez-vous nous dire quant à l’aspect financier, en termes de retombées pour les clubs ?

Un des objectifs majeurs assignés à cette ‘’Super Ligue Africaine’’ serait de faire en sorte que les clubs africains aient plus de moyens. Voyez-vous on parle de quelque chose dans l’ordre de millions de dollars. C’est une manne financière capitale pour hisser nos clubs africains au niveau de leurs pairs européens, américains ou encore asiatiques. Cela pourrait être un formidable cercle vertueux : des clubs qui disposent de ressources financières énormes, qui attirent et qui conservent les joueurs plus longtemps, des footballeurs moins candidats à l’exil précoce, qui bénéficient de conditions de travail et de salaires avantageuses et, qui, à terme, vont impacter le niveau de développement du football africain en général tant en clubs que dans les sélections. Nous espérons que ce sera le cas.

L’arbitrage a été également au centre des débats au Maroc, comment la CAF et la FIFA entendent-elles procéder à la professionnalisation du corps arbitral et si ce sera à chaque fédération le choix de son initiative locale ?

Cela reste un des pans du développement du football, d’autant plus que les maîtres du jeu sont une entité à part entière qui influent au quotidien sur le jeu, son contenu, sa qualité et même sur les résultats. L’idée, c’est d’arriver à une meilleure professionnalisation du corps arbitral. Cela s’entend par une intégration des Arbitres, leur garantissant un revenu moyen régulier. De sorte à mettre ces acteurs clés du jeu à l’abri de conditions précaires et vulnérables qui peuvent conduire à certaines situations pas toujours honorables pour le football. Et je pense que cette initiative est non seulement bonne, humaine et surtout elle nous sera d’une utilité efficace dans notre quête d’avoir un football propre.

 

Président, on vous a vu aux côtés d’ex légendes du football lors de ce séminaire, quels sont leurs rôles ?

Il faut dire que ces légendes du football sont aujourd’hui une entité au sein de la CAF où elles servent. Elles sont généralement désignées au sein de groupes techniques d’évaluation des matchs au cours de phases finales des compétitions. Par ailleurs, la CAF a décidé de les intégrer dans les missions d’inspection des stades qui vont accueillir des compétitions internationales telles que la CAN et le Mondial. En définitive, ce séminaire a été fort enrichissant, les échanges avec les responsables et présidents des autres fédérations ont été très fructueux. Ayant moi-même été dans le panel qui a travaillé sur le financement des infrastructures avec des banques comme la Standard Chartered, TDB, BNP Paribas et d’autres structures qui ont évoqué plusieurs modèles de financement et proposé des solutions à des conditions intéressantes pour soutenir ce projet de la FIFA. Enfin, nous avons noté un réel intérêt de la FIFA d’apporter son expertise au développement du football en Afrique.

SERCOM FIF

I.T.