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Le Président de la Commission des Questions Juridiques de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) était face à la presse, ce vendredi après-midi au siège de la FIF. En compagnie du Directeur Exécutif, M. SAM ETIASSE, Me RAUX Athanase a donné la position de la Fédération dans l’affaire de l’Audit judiciaire de la FIF diligentée par la Commission Audit et Conformité de la FIFA.

 « Nous avons convoqué ce point de presse en urgence compte tenu des différents commentaires qui se font sur les réseaux sociaux. Il était bon que la FIF, au travers du Comité Exécutif puisse donner sa position et sa version des faits. Pour une meilleure intelligence de mes propos, il est bon que je retrace la chronologie des faits. Je partirai de la table ronde de Zurich qui a eu lieu le 20 mars 2018. Au sortir de cette table ronde, voici les conclusions qui ont été retenues par le conciliateur. Cette table ronde visait à rapprocher les parties. C’est-à-dire la Fédération et la minorité des clubs réunis au sein du GX. La FIFA a fait le constat qu’elle n’a pas pu rapprocher le point de vue de chacune des deux parties. En conclusion, elle a demandé aux parties de se conformer aux textes de la FIF et ceux de la FIFA et de ne pas prendre le football ivoirien en otage, d’œuvrer dans le sens de l’intérêt du football ivoirien. Nul part, il a été question d’un audit à organiser. Avant de quitter la salle où nous avons fait la synthèse, il y a Me Roger Ouégnin qui a demandé à M. Veron Mosengo-Omba, le conciliateur de la FIFA, la suite concernant l’audit. C’est ainsi que nous avons su qu’il y avait une requête pour audit. Séance tenante, M. Veron a répondu pour dire que ce n’était pas à l’ordre du jour et que cela ne relevait pas de leur compétence (...). Cette requête devrait être adressée à la FIF pour observation. Je précise qu’à ce jour, nous n’avons pas reçu cette requête en plus des pièces qui l’accompagnent. Les choses sont restées là jusqu’à ce qu’au 27 avril 2018, lorsque la FIF a reçu un courrier venant de la Division des Associations membres pour nous informer de ce que la Commission d’Audit et de la Conformité de la FIFA a décidé d’organiser un audit judiciaire. En réponse à ce courrier de notification, nous avons adressé un courrier en date du 30 avril 2018 pour dire que nous prenons acte de la décision de la FIFA. Seulement, nous avons deux préalables à poser ».

Le premier préalable

« C’est sur la nature de l’audit. Par définition, tout ce qui touche au judiciaire touche aux tribunaux. C’est-à-dire que c’est un audit qui est organisé dans le cadre d’une procédure judiciaire. Nous n’avons pas connaissance de ce qu’une juridiction ait été saisi pour ordonner un quelconque audit judiciaire. Nous leur avons dit de nous notifier si un tribunal a ordonné un audit judiciaire parce que nous l’avons pas.

Le deuxième préalable

« C’est sur le fondement de cet audit. Dans le courrier, ils disent que c’est en vertu de l’article 17 du règlement du programme FIFA Forward. C’est-à-dire, les fonds que la FIFA octroie pour le développement du football. Ils disent que c’est en vertu de cet article qu’ils ont décidé d’organiser cet audit judicaire. Nous prenons acte. La lecture que nous faisons de l’article 17 et de toutes les autres dispositions du règlement FIFA Foward, il ressort que seuls les fonds apportés par la FIFA dans le cadre du développement de ce projet peuvent faire l’objet d’un audit de la part de la FIFA. Nous constatons que depuis 2016, nous n’avons reçu aucun fonds de la part de la FIFA. Donc, nous sommes en droit de nous poser la question de savoir sur quoi va porter l’audit. Le courrier est parti depuis le 30 avril. Aujourd’hui, nous sommes le 11 mai 2018. Nous n’avons toujours pas eu de réponse aux préalables que nous avons posés. »

 

Audit judiciaire PWC

« A notre plus grande surprise, le 09 mai 2018, nous recevons un courrier de la part du cabinet d’audit pour nous informer qu’il arrive le 14 mai 2018 pour nous auditer, tout en mentionnant les points sur lesquels va porter l’audit. Nous prenons lecture de ces points-là. Cela n’a absolument rien à voir avec le courrier officiel que nous avons reçu de la FIFA, c’est-à-dire un audit basé sur l’article 17 du règlement FIFA Forward (…).  On se rend compte qu’il s’agit en effet des points évoquer par le GX dans sa requête. Nous disons qu’il y’a quelque chose qui ne vas pas. Ils (FIFA) vont même au-delà de leurs prérogatives. Ils veulent auditer les fonds que l’Etat de Côte d’Ivoire nous a donnés depuis 2012, les fonds que Canal+ a donnés dans le cadre du sponsoring qui nous lie.  Ils nous demandent de leur fournir tous les courriers que nous avons échangés avec le cabinet d’assurance qui s’occupe de l’assurance de la FIF et des joueurs. Tous ces détails pour qu’ils puissent mener leur audit »

Position de la FIF

« En prenant acte de la décision de la FIFA d’organiser un audit, cela veut dire que nous ne sommes pas contre le principe de l’audit. Il est du droit de la FIFA d’auditer les Fédérations. Mais les textes de la FIFA sont clairs. La FIFA ne peut qu’auditer les fonds qu’elle nous octroie. Elle ne peut pas aller au-delà. Les statuts même de la FIFA, l’article 51 paragraphe 8 confirme encore cela (…). Et depuis 2016, nous n’avons reçu aucun fond pour le développement du football. Aujourd’hui, nous sommes en droit de nous poser la question de savoir sur quoi va porter l’audit. Pourquoi voulez-vous nous auditer sur les fonds que l’Etat nous a donnés alors qu’il ne vienne pas de vous. Pourquoi voulez-vous nous auditer sur les fonds que nos sponsors nous donnent. Alors, nous (FIF) allons faire partir un deuxième courrier d'ici peu pour insister et leur dire que le préalable à la venue des auditeurs, c’est qu’on puisse nous situer sur le fondement juridique de cet audit et qu’on puisse montrer la pertinence de cet audit au regard des dispositions des statuts et des textes de la FIFA. Voici aujourd’hui la position que nous avons. Nous voulons bien un audit comme nous l’avons déjà dit par le biais du Président Sory Diabaté, à plusieurs reprises.  Mais nous voulons que les choses se fassent de manière légale, en conformité avec les textes. C’est ce que nous entendons dire à la FIFA. Donc la décision que nous avons prise est de demander au cabinet de sursoir à sa venue, le temps que la FIFA nous éclaircisse sur ces points qui sont tous légitimes. Nous avons le droit de nous poser des questions lorsque nous nous rendons compte que les choses ne sont pas faites selon les dispositions de la FIFA et de la FIF »

Propos retranscris par Ives TIEMELE et Armel YAPI

I.T.