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Annoncée comme une rencontre de tous les dangers, à cause d’une crise qui secoue depuis deux années le football ivoirien, la rencontre annuelle des membres actifs de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), présentée initialement comme une Assemblée Générale mixte, s’est finalement muée en une Assemblée Générale ordinaire (AGO) qui s’est tenue le samedi 25 mai 2019 à Yamousoukro, sous le signe des retrouvailles, de l’apaisement, de la vérité, de la tranparence et de la démocratie.

Les 12 heures d’échanges sans fard entre le Comité Exécutif de la Fédération et ses mandants, dans la salle de conférence de la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la Recherche de la paix, ont été sanctionnés par le vote favorable du quitus pour l’exercice 2018 et l’adoption du budget 2019.

 

APAISEMENT

 

Pour rappel, depuis décembre 2017, une action de dissidence est menée par un groupement de membres actifs de la Fédération demandant la révocation du Président et du Comité Exécutif.

 

Aussi, dans son adresse à l’assemblée, le Président de la FIF, Augustin Sidy Diallo, au nom du Comité Exécutif, a-t-il lancé d’entrée un appel à l’apaisement.

 

« J'ai entendu dire que cette AG sera la finale. Ce ne sera pas une finale.  Mais un match amical. (…) Désarmez vos armes. On doit tout pardonner et laisser nos rancœurs derrière nous. Notre football n'a pas besoin de cela. Après ce match amical, nous devons ressortir avec la volonté de faire grandir notre football. Évitons désormais la méchanceté. Il faut se pardonner. Je suis le premier à demander pardon. Je me trouve dans la position du père de famille. On peut être bon et devenir moins bon. Ce que nous avons contribué à gâter, nous devons ensemble faire en sorte de l'arranger », a-t-il plaidé.

 

En cela, le premier responsable de l’instance fédérale du football ivoirien a été suivi par M. François Alla Yao, Directeur de Cabinet représentant le Ministre des Sports, qui a exhorté les délégués à avoir en point de mire, la participation du pays à la CAN « Egypte 2019 » et l’organisation de la CAN 2023 attribuée à la Côte d’Ivoire.

 

Le Président Augustin Sidy Diallo a également joint l’acte à la parole en proposant avec succès à l’assemblée, la levée de sanctions infligées à des dirigeants de clubs.

Ainsi, MM. Salif Bictogo, PCA du Stella Club d’Adjamé, Gouaméné Alain, Président de l’Association des anciens footballeurs, Armand Gohourou, Président de AGIR Guiberoua, Koné Cheick Oumar et Alexis Vagba, respectivement ancien PCA et Président de l’Africa Sports d’Abidjan ont bénéficié d’une « amnistie ».

De même, deux personnes non autorisées à participer à l’Assemblée Générale, parce que ne remplissant pas les conditions, ont finalement été acceptées, avec l’accord des clubs, en tant qu’acteurs du football et non comme délégués.

 

Cependant, l’assemblée a pris acte du refus de Me Roger Ouégnin, PCA de l’Asec Mimosas, sous le coup d’une sanction qui frappe sa personne et son club,

 

« (…) Je veux que la procédure se poursuive. Je souhaite le respect des textes. On a engagé un recours depuis plusieurs mois. Je ne me sens pas concerné par la mesure prise pour annuler toutes les sanctions. Ni moi-même, ni mon club », a-t-il opposé.

 

DE L’AGM A L’AGO

 

Cette réunion annuelle convoquée au départ pour être une Assemblée Générale mixte (AGM), c’est-à-dire une Assemblée Générale ordinaire (AGO) suivie d’une Assemblée Générale extraordinaire (AGE) réservée à l’amendement des textes (statuts), s’est finalement réduite à l’ordre du jour de l’AGO (17 points) dont les points saillants ont concerné l’exercice 2018 (rapport d’activités, rapports financiers) et les dispositions statutaires à mettre en place pour les futures élections à la Fédération.

 

Ce changement de dernière minute se veut également comme un signe d’apaisement car selon le Président de la FIF, le Comité Exécutif n’a pas voulu faire « adopter des textes dans la belligérance ». Il a proposé à l’assemblée que cela se fasse d’un autre cadre.

 

RETROUVAILLES

 

« Après sept ans à la tête de la FIF, la tâche n'a pas été facile. Je suis un président comblé. Je suis heureux car 100% des membres statutaires sont présents », a affirmé le Président Augustin Sidy Diallo.

Il a donc fallu sept ans après l’Assemblée Générale élective de 2011 pour voir siéger, côte-à-côte, l’ensemble des délégués représentant les 81 membres actifs de la Fédération, notamment, les 14 clubs de Ligue 1, les 24 de Ligue 2, les 38 de D3 et les cinq Groupements d’intérêts.

Dans l’entre-deux, les différentes AG se sont tenues en observant le principe de la majorité absolue des membres actifs, tel que consigné dans les statuts de la FIF.

 

LE VOTE DEMOCRATIQUE

 

Les assises qui se sont déroulées à huis clos ont été marquées, entre autres, par la durée des échanges (12 heures) et l’utilisation de cartons aux différentes couleurs pour les questions soumises au votre des délégués. Ainsi, chacun des délégués avait en sa possession un carton vert (oui), un carton rouge (non) et un carton jaune (abstention).

 

Le point d’orgue des questions soumises au vote a concerné le quitus accordé par les délégués au Comité Exécutif pour sa gestion de l’exercice 2018. Au jeu des cartons, 44 cartons verts ont été brandis, contre 33 rouges et deux jaunes, A noter que deux membres actifs n’ont pas participé au vote.

 

Le budget 2019 qui s’élève à 8,7 milliards de F.CFA a été également adopté par l’assemblée. Il est en augmentation par rapport au budget de l’exercice précédant qui s’élevait à 6 milliards 146 millions 721 mille francs CFA.

 

En fin de travaux, les représentants des clubs et des groupements d’intérêts ont abordé les points relatifs à la prochaine Assemblée Générale élective prévue en 2020, année qui marquera la fin du mandat de l’actuel Comité Exécutif.  Ils ont procédé à la reconduction de la Commission électorale et de la Commission de recours électoral précédemment mises en place. Lesdites Commissions étaient présidées, respectivement, par le Ministre Légré Philippe et M. Mondon Pacôme.

 

Devant la presse, M. Sory Diabaté, 1er Vice-Président de la FIF, a levé un coin de voile sur la nature des échanges et l’ambiance qui a prévalu pendant les travaux. " Nous avons fait preuve de transparence. Nous avons donné la parole à tout le monde. Le Rapport financier a été certifié par le Commissaire aux comptes. La Commission d’audit interne a approuvé le rapport financier. Nous avons donné la possibilité à tous les clubs de s’exprimer sur les états financiers. Les sujets importants comme l’audit raté de la FIFA ont été expliqués clairement. Nous avons communiqué le montant du contrat avec Canal +, avec Puma et la RTI (…)  Nous avons amélioré le patrimoine financier de la FIF. Aujourd’hui, notre patrimoine est évalué à plus de 8 milliards ", a-t-il précisé.

 

E.K

 

 

 

E.K.